《L'Empire de Cendres》CHAPITRE 22 : SUZANNE
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Parcourir le complexe fit remonter en Suzanne des souvenirs brumeux. Une partie d’elle avait l’air connaître chaque recoin, chaque salle, chaque caméra de sécurité aujourd’hui endormi à jamais. Sans les directives de Byte et malgré le retour du réseau interne, il lui fut tout aussi facile de se repérer.
Sur le chemin, le département de recherche était leur prochaine étape. Toutefois, quelque chose clochait. Suzanne ignorait pourquoi, mais sa vision actuelle du complexe ne semblait pas en phase avec ses souvenirs. Elle se demanda si cette ambiance lugubre pouvait travestir à ce point ses réminiscences.
Le pas lourd de l’armure d’Erol retentissait derrière elle. L’archéologue avait pris du retard, préférant refermer dans l’ombre chacun des sas de sécurité avec l’aide de la force surhumaine que lui donnait son exosquelette couplé à son bras bionique.
« Nous sommes tout près », lui indiqua-t-il en pointant du doigt une orientation imaginaire, signe qu’il ne s’était pas encore habitué à la présence de son assistant informatique.
Une flèche verte mentionnait aussi à Suzanne la direction d’un couloir en forme de « U » sur le plan qu’affichait son interface personnelle.
Ce dernier avait de plus en plus de difficultés à s’actualiser. Les ennuis avaient commencé quand le réseau interne avait été remis en marche. C’était comme si quelque chose pompait tous ses flux entrants et sortants. Mais il lui était cependant impossible d’en connaître l’origine.
Fort heureusement, le voyage touchait visiblement à sa fin. Remonter, si jamais ils le pouvaient, serait néanmoins une autre paire de manches. Elle préféra garder cette partie du scénario pour plus tard.
Toujours aussi excité par les événements et cette phase d’exploration qui n’en finissait pas, l’archéologue prit les devants. Sans économie de ressources, il éventra le sas de sécurité terminant ce couloir puis invita Suzanne à pénétrer dans ce que composait le cœur névralgique du complexe.
Le monorail souterrain de la Lionheardt se dressait devant eux comme le squelette de Jormugandr, la bête fabuleuse de la mythologie viking. Il dominait un gouffre de métal qui se perdait dans les entrailles de la Terre. La suite du chemin se trouvait de l’autre côté, à près d’un kilomètre.
Erol siffla et l’écho lui répondit.
« Comment allons-nous traverser cet aller simple pour les abîmes ? »
Suzanne dénicha rapidement un pod de transport. Longtemps ils essayèrent de le remettre en marche, mais sa batterie refusa de revenir à la vie. À en voir la désillusion qu’affichait son visage, l’archéologue aurait visiblement donné son autre bras organique pour piloter l’un de ses engins.
« Nous allons y aller à pied, proposa Suzanne en s’approchant du rail de métal.
— Jamais de la vie. Même en abandonnant la cuirasse. La voie fait à peine une paume d’épaisseur et puis… »
Le monorail présentait de quoi faire frémir le plus audacieux des pilleurs de tombe mille ans plus tard. Elle avait cependant une idée derrière la tête.
« Tu peux garder ton armure. Les bottes sont magnétiques.
— Et pour la tête en bas ? » couina Erol maintenant blanc comme un linge.
Leurs acrobaties le long des rails souterrains prirent plus de temps que prévu. À plusieurs reprises, l’archéologue avait été obligé de s’arrêter, la tête pendue dans le vide, prêt à vomir.
« Une passerelle… c’était trop simple une passerelle ? » maugréa son compagnon en prenant position d’une jambe tremblante sur l’un des échangeurs.
Cela leur permit de faire une courte pause. Malgré l’urgence, la vue avait été cependant des plus appréciables. Suzanne en profita pour décrire à Erol les superstructures alvéolaires, qu’ils pouvaient apercevoir le long des murs, comme des fermes géantes.
Là dormaient maintenant pour l’éternité des Créditeurs incarcérés dans des étuves. Avec dégoût, elle lui avoua que l’esprit de ces pauvres gens fournissait la mémoire informatique pour les serveurs de la Lionheardt. C’était, semble-t-il, une pratique courante quand on ne pouvait plus payer ses dettes. À présent, la ruche n’était qu’un mausolée macabre baigné dans la pénombre.
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Las de détails morbides, Erol se remit en marche et ils purent atteindre la plate-forme opposée. Malheureusement, cette dernière offrait un spectacle tout aussi lugubre. Une partie de l’émeute avait vraisemblablement éclaté ici avant que le complexe ne soit confiné par la folie supposée de Lionheardt.
Des corps séchés, déchirés par des balles de gros calibres, jonchaient le sol. Au milieu des cadavres, de gigantesques robots scarabées reposaient, vidés de leurs batteries.
« Des Sentinelles V1, lui expliqua Suzanne en posant pied sur la plate-forme. Plus petites que notre chère Jinko, mais si elles marchaient encore, nous serions morts.
— Charmant, commença Erol en effleurant le blindage de l’un des monstres d’acier. Étrange que nous ne les croisions que maintenant.
— Les Sentinelles fonctionnelles n’étaient en activité qu’au cœur du complexe. C’étaient des droïdes de combat parfaitement illégaux. Mais les grosses corporations comme la Lionheardt ne se préoccupaient pas de ce genre de détails. »
S’abaissant au niveau des corps, Suzanne examina les lambeaux de blouses blanches et les badges de sécurité en plastique des employés du département de recherche. Une subtilité de plus dont ne s’embarrassait pas la Lionheardt Corporation.
« Elles étaient toutes comme ça ? demanda Erol en prenant la direction des portes d’acier qui concluaient le ponton.
— Qui donc ?
— Les corporations.
— La vie humaine n’avait que peu de valeur en 2099. Tout était jetable et remplaçable », lui répondit Suzanne après l’avoir rejoint.
Les portes d’accès au département de recherche étaient encore plus impressionnantes que dans ses souvenirs. Celles-ci mesuraient dans les dix mètres de haut et étaient dans un alliage si dur que lorsqu’Erol le toucha de la pointe de son épée, le son se perdit dans la matière elle-même.
Face à une si hallucinante protection, ils n’avaient aucune chance de passer par la force.
« Et maintenant ? » demanda Erol en s’appuyant contre la surface noire immaculée des battants.
Suzanne n’eut pas le temps lui répondre, car il bascula en arrière. Après un déclic qui parcourra l’embrasure, les énormes volets d’acier s’entrebâillèrent dans un long râle d’agonie. Ce fut cependant leur dernière danse puisque lorsque la porte se trouva totalement ouverte, les gonds s’affaissèrent et les deux plaques de fer s’ancrèrent dans la poussière dans un équilibre précaire.
Dos au sol, Erol jura comme il en avait l’habitude. Suzanne l’aida à se relever malgré le poids de l’armure. Puis, tous deux parvinrent à se mettre à l’abri dans un vestibule sombre.
« Laisse-moi deviner… elles étaient ouvertes ? demanda-t-il en reprenant son souffle.
— Non. J’ai entendu le mécanisme de sécurité. Tu as dû appuyer sur quelque chose ou bien…
— Ou bien ceux qui maraudent dans le complexe… »
Instinctivement, ils baissèrent d’un ton.
« Pourquoi auraient-ils ouvert ? Je pense à une fausse manipulation de leur part, poursuivit Suzanne en l’imitant.
— Possible. Tu crois qu’ils ont déjà atteint le centre de recherche ? Ou pire, le centre de commande !
— Une autre entrée ? C’est fort envisageable. Nous avons perdu plus de temps que prévu avec le monorail. »
Le couloir qui se trouvait devant eux était faiblement éclairé. La jeune femme décompta plusieurs bureaux. Sur le sol, des papiers se mélangeaient aux détritus abandonnés. Les lieux étaient déserts. Il n’y avait encore aucune trace de leurs potentiels poursuivants.
Erol et Suzanne remontèrent discrètement le couloir principal. Là gisaient différentes Sentinelles perforées de toute part. Ces dernières avaient dû se frotter à quelque chose de beaucoup plus armé qu’elles. Deux d’entre elles reposaient sur les décombres d’une nouvelle porte d’acier. Elles avaient été pulvérisées par une charge explosive.
Prenant les devants, la jeune femme arriva près d’un cadavre momifié de ce qui apparut comme un soldat. Il avait une combinaison semblable à celle de la sécurité, mais était affublé d’un exosquelette lui recouvrant le torse et les épaules. Lui aussi avait été criblé de chevrotines de la taille de balles de golf. Elle remarqua qu’il lui manquait une grande partie du crâne. Elle reconnut Martins. Le chef de la sécurité.
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« Je connaissais cet homme, Erol. C’était un ami. »
La main de l’archéologue se posa sur son épaule.
« C’était un soldat. Je ne sais pas ce qui se trouvait derrière cette porte, mais il a dû lui donner du fil à retordre, la réconforta gauchement son compagnon.
— Thomas Lionheardt se trouvait derrière cette porte. »
Suzanne pénétra dans le hall de commande de la Nouvelle Aube comme elle l’avait fait mille ans auparavant. Comme dans ses visions, la pièce était démesurée et étrangement similaire au sous-sol de Byte. Sur leur droite se tenaient toujours des dizaines voire une centaine d’écrans de tailles variables. En dessous, la console qu’elle avait explosée dormait sous les débris.
Le bureau de Lionheardt, au centre de la salle, n’était plus qu’un amas de verre brisé entouré des deux scarabées Sentinelles V2. De sa position, Suzanne ne vit que le dossier d’une chaise. Au-dessus trônait, telle une couronne, un enchevêtrement de câbles et de tubes d’acier. Cela ressemblait à un dispositif de plongeon. Suzanne s’en approcha quand résonna derrière lui la voix d’Erol.
Il pointait du doigt une zone qu’elle dégagea de la poussière. Une traînée marron se dessinait. Après examen, elle menait à l’un des bureaux à droite des portes, dans le couloir du centre de recherche adjacent.
La porte de plexiglas renforcé céda facilement et ils purent pénétrer dans un grand cabinet en forme d’un prisme octogonal surplombant le vide. Malgré la poussière, tout était implacablement rangé. Chaque stylo, chaque dossier était à sa place entre les bibelots et les cadres photo-vidéos. Seul le cadavre au pied du bureau pouvait faire tache au tableau.
Après analyse, l’individu s’était traîné du bureau de Thomas jusqu’ici. Prise de doute, Suzanne retourna la momie, paniquée à l’idée d’apercevoir le visage de l’ancien maître des lieux. Mais il n’en fut rien.
« C’est le corps d’une femme. Une petite brune. Sa secrétaire ? demanda Erol.
— Il n’y avait plus de secrétaire, Erol. Que des IA. »
Suzanne examina la dépouille de la malheureuse. Elle était en bien meilleur état que celui les exécutés du ponton, ou Martins. Sa blouse blanche était maculée de sang. Un projectile l’avait frappée un peu au-dessous du cœur, là où se trouvait son badge aujourd’hui disparu.
« Plutôt bien conservée. Le sas étant fermé, ça a aidé. Elle devait vouloir accéder au terminal. Le clavier tactile est recouvert de sang séché, dit Erol.
— Laisse-moi voir. Si c’est une identification de la Lionheardt, je devrai y avoir accès. »
Une main de glace avait saisi les entrailles de Suzanne. Elle avait un horrible pressentiment.
Son implant avait repris son activité normale, mais ne fut finalement pas reconnu par l’ordinateur. Elle se demanda si les détecteurs étaient trop abîmés et souffla sur le petit senseur pour réitérer l’opération. Celui-ci s’embrasa de rouge. L’accès lui était toujours refusé.
Suzanne attrapa le cadavre et le souleva comme si celui-ci ne pesait rien. Elle positionna le crâne desséché en face de l’appareil de détection. Tout d’un coup, le panneau s’illumina de vert et les écrans du moniteur s’allumèrent sous le regard stupéfait d’Erol.
L’ordinateur, après un court processus de redémarrage, afficha toutes les informations qu’il y avait à savoir concernant la personne qui en demandait l’accès.
Suzanne resta figée et lâcha le cadavre tandis qu’apparaissait face à elle son propre visage ainsi que tous les renseignements liés à son identité. Il y avait son nom en toutes lettres : Suzanne Courtois. Mais aussi sa date de naissance et son cursus universitaire ainsi que professionnel. Enfin, sur la droite de son visage en trois dimensions scintillait un label en lettre rouge : décédée.
« Décédée ? Qu’est-ce que ça veut dire ? » poursuivit Erol qui avait rattrapé au vol le cadavre.
Pendant ce temps, l’écran clignota et indiqua un nouveau redémarrage de l’ordinateur pour une mise à jour.
Suzanne ne sut d’abord quoi répondre.
Ces informations avaient été extraites de l’implant. Mon implant ? pensa-t-elle avant de sentir les larmes lui monter aux yeux. Non celui du corps…
Elle s’empara de nouveau de la dépouille desséchée de la jeune femme. Elle tenait dans ses bras une Suzanne Courtois.
« Pourquoi diable, est-ce que je possède la carcasse et les souvenirs d’une morte ? hurla Suzanne, tambourinant ses points sur la console.
— Attends ! intervint Erol. Regarde le terminal remarche. De là peut-être que tu peux accéder à quelque chose. »
Le bureau virtuel de l’ordinateur était apparu. Le fond d’écran représentait une photo de Suzanne et d’autres chercheurs. Le menu principal possédait plusieurs sous-dossiers. Suzanne ouvrit celui qui était le plus récent. Il portait le nom d’Homo_Novus, mais il était protégé par un mot de passe.
« Des idées ? » Demanda Erol.
Elle fit plusieurs essais.
Tom. Lionheardt. Harvard. Lee. Costume_jaune…
Mais ne rien ne fonctionnait.
Alpha_Centauri ?
Le fichier s’élargit, mais l’écran se figea. Des lignes de codes remplacèrent le détail des répertoires comme si l’ordinateur redémarrait puis il se figea de nouveau. Les enceintes émirent un grésillement.
« Vous n’êtes pas Suzanne ! fit remarquer une voix synthétique provenant des enceintes. Pourtant vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau. »
Suzanne préféra tenir sa position. Jusqu’à preuve factuelle du contraire, elle restait Suzanne Courtois :
« Si ! Je suis Suzanne.
— Non. Vous ne l’êtes pas. »
La voix était modifiée, mais elle crut reconnaître un timbre familier. Il y avait quelque chose dans son intonation qui lui fit remonter des souvenirs d’une époque révolue.
Celle-ci ria. C’était un rire froid et mécanique.
« Suzanne est morte. Vous êtes le résultat 031193.
— Qu’êtes-vous ? insista Erol en posant ses mains sur ses épaules.
— Et vous, qui êtes-vous ? » Demanda l’IA.
Suzanne n’en pouvait plus de jouer à ce jeu. Elle avait déjà saisi le clavier quand son implant lui indiqua que le réseau interne avait été reconnecté avec l’extérieur.
Aussitôt, ils furent interrompus par une voix robotique aiguë. Sur le côté de la console se modélisa un hologramme humanoïde en trois dimensions.
« Répondez-moi ! Vous m’entendez ? Ah ! C’est bon. »
Le cyborg parlait très vite, elle semblait paniquée.
« Hey ? Il y a quelqu’un ? »
Suzanne et Erol sursautèrent. C’était la voix de Byte à travers les haut-parleurs de l’armure. Cette fois-ci, elle ne contactait pas Suzanne directement au moyen de son implant.
« Byte ! Tu es en ligne !
— Oui et mauvaise nouvelle. Maev a pénétré dans le complexe et le système vient d’être rétabli. J’en ai profité pour y entrer il y a quelques minutes, mais cela signifie que Thomas Lionheardt aussi.
— Tu es sûre ?
— J’ai détecté son activité, expliqua Byte. J’ai aussi récupéré des quantités énormes d’informations sur les Josias et le projet Nouvelle Aube. Certaines vous concernent et…
— Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que les Paladins ne réactivent le missile », la coupa Suzanne.
Des larmes coulèrent sur ses joues blanches.
« Suzanne ? Tout va bien ? » demanda Byte.
Elle déglutit.
Comment pourrais-je aller bien ? Cela n’a aucun sens.
La jeune femme jeta un regard sur le cadavre séché de ce qui fut autrefois Suzanne Courtois et selon la base de données, professeure en chef du département de bio-engineering de la Lionheardt Corporation
« Une maudite IA vient de nous apprendre qu’elle n’est pas Suzanne ou je ne sais quoi. Mais on ne va pas croire ses salades, si ? » intervint Erol.
Byte resta silencieuse.
« Cela a-t-il un lien avec un programme intitulé Homo Novus ? » Demanda la technomancienne.
Suzanne et Erol acquiescèrent. Puis ce fut le silence. Quand Byte reprit la parole, sa voix tremblait :
« Tu es sûre de vouloir entendre ça ? »
Suzanne répondit à l’affirmative. Byte soupira.
« Homo Novus est le nom d’un programme de clonage ultra sophistiquée. »
Elle fit une pause.
« Les rapports que j’ai sous les yeux indiquent que les sujets ont comme origine Suzanne D. Courtois et Thomas S. Lionheardt. »
Sur l’écran de l’ordinateur s’affichaient les portraits des deux chercheurs. Des tableurs faisaient défiler des chiffres et des symboles traduisant leur génome respectif.
« Ils ont fait l’objet de deux axes de développement majeurs au sein des secteurs exceptionnellement conjoints de bio-engineering et d’intelligence artificielle.
— Je comprends ces mots, mais pas le reste… ironisa Erol.
— Sous la direction de Madame Courtois, des clones ont vu le jour dans des gelotubes et étaient conservés par sommeil artificiel. Les clones féminins à son effigie étaient, entre autres, dotés d’une force supérieure aux humains classiques et d’une disposition à l’autorégénération. »
Plusieurs dossiers s’ouvrirent simultanément. Parmi eux, des images de corps éventrés depuis lesquels sortaient des câbles reliés à des machines. Il y avait aussi un vidéo de cadavres écorchés à la peau blanche, baignant dans des cuves de liquide bleu. Ce dernier était semblable au sang étrange qui avait reconstitué sa main.
« C’étaient des êtres synthétiques, mais organiques nanoaugmentés », conclut la jeune femme à la lecture des autres fichiers.
Suzanne buvait les paroles de la technomancienne. Les événements des lacs d’acide s’expliquaient désormais. Mais cela ne précisait pas pourquoi elle possédait les souvenirs de Suzanne. Des clones n’étaient pas censés avoir cette faculté.
« C’est insensé… Suzanne est un clone ? Un clone de Suzanne ? Qui est morte. » commenta Erol à ses côtés.
La voix de Byte grésilla.
« Le reste est profondément encodé. Il faut un niveau d’accès titanesque que seules trois personnes détiennent : Suzanne Courtois, Tom Lionheardt et un autre type, du nom de Pierre-Marie Kanté. Ça ne te dit rien ? Je n’ai encore aucune information sur cet humain. »
La voix de Byte était très faible. Son hologramme avait disparu et l’écran de l’ordinateur se teintait désormais d’un fond mauve immobile. Les enceintes ne produisaient plus de grésillements.
Puis le contact fut rompu.
« Non ! Non, non, non ! hurla Suzanne, en frappant le bureau de verre.
— Regarde mon poignet ! » l’interrompit Erol.
Sur le poignet de l’archéologue, le module de suivi de l’armure clignotait en orange. Un message en lettre jaune s’affichait à intervalle régulier.
« C’est une alerte, commenta son possesseur. L’Inquisition est… Suzanne ? »
Suzanne ne s’en préoccupa gère. Elle avait saisi le moniteur et avant qu’Erol ne puisse réagir, elle envoya la totalité des équipements électroniques du bureau à travers à pièce. Dans un fracas, le terminal brisa le mur de verre et tomba dans l’abîme. Enfin elle disparut dans le couloir menant au bureau de Thomas Lionheardt.
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