《L'Empire de Cendres》CHAPITRE 9 : EROL
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Erol savourait la brise chaude qui lui caressait le visage. De la terrasse de la suite que lui avait réservée Sileo, il contemplait les toits de la cité.
Renaissance était plongée dans la torpeur des néons des faubourgs. Des soldats criaient au loin. Erol ne se rappelait pas en avoir déjà vu autant. Leurs voix se perdaient dans le dédale des rues.
Les beaux quartiers de Belleville étaient plus calmes. Sur le Grand Dôme flottait le drapeau de la Fondation, cet arbre fendu couleur argent sur un fond bleu sombre. Déchiré, défraîchi, il risquait de se décrocher à la moindre bourrasque.
Au-dessus brillaient les étoiles et les derniers satellites qui ne s’étaient pas déjà consumés dans l’atmosphère. Erol imagina un instant des hommes vivants encore dans quelconques stations orbitales perdues dans l’immensité galactique. Autrefois, il ne croyait pas à ces histoires. Mais c’était avant qu’une femme émerge devant ses yeux d’un sommeil millénaire. À partir de maintenant, tout était définitivement possible.
Et puis il pensa à Octave. Cet idiot d’Octave. Son cœur se serra.
Soudainement affaibli, Erol prit place dans l’un des deux fauteuils de la terrasse. Laissant son verre rouler sur le sol, il saisit la bouteille de vin non sans quelques tâtonnements gauches. Le liquide coula peu dans sa gorge et beaucoup sur sa chemise.
Son corps était douloureux. Le moindre de ses muscles souffrait le martyre. Ils refusèrent de bouger lorsqu’il leur demanda de le porter jusqu’au lit. Ce dernier semblait confortable avec son édredon de plumes d’oie et ses draps blancs en soie synthétique. Mais il était trop loin. À mi-chemin, la table basse était un obstacle insurmontable.
L’archéologue regarda l’heure sur un antique cadran numérique à énergie solaire. Sileo devait le rejoindre d’un instant à l’autre.
Juste en dessous avait été installée une baignoire en céramique comme on en faisait plus. Les serviteurs lui avaient chauffé de l’eau aux cuisines et montées, seau par seau, le précieux liquide filtré jusqu’ici en raison du rationnement. Mais elle aussi était trop loin. Il n’oserait jamais y mettre le pied cette nuit. Il savait que s’il avait l’occasion de plonger sous l’eau, il n’en sortirait jamais.
Après une nouvelle gorgée de vin, il sourit enfin. Lui-même ignorait pourquoi. Sa main glissa sur le sol laissant rouler la bouteille jusqu’au rebord de la terrasse. Erol s’était endormi, son chapeau lui tombant sur le bout du nez.
Il fut réveillé quelques minutes plus tard quand son frère entra en trombe dans la suite. L’archéologue sursauta. Un filet de bave poursuivait ses lèvres depuis le col de sa chemise.
« Bien ! Tu n’es pas déjà au lit. Excuse-moi du retard, dit Sileo qui ne semblait pas gêné par son irruption subite. As-tu au moins pris un bain ? »
Son frère le jugea de haut en bas et se pinça finalement les narines. Les manières hautaines de Sileo énervaient Erol au plus haut point. Celui-ci avait visiblement oublié d’où il venait. Il maugréa :
« Tu as l’odorat bien fin pour quelqu’un qui est né dans une décharge radioactive. »
Sa tentative pour se redresser se solda par un échec. Ses jambes refusèrent d’aller plus loin et il retomba lourdement dans son fauteuil. Sa nuque était douloureuse depuis le coup asséné par la jeune femme.
Sileo s’activait à ranger la chambre qui était pourtant toujours dans un état impeccable. Erol avait juste eu le temps de la traverser pour se rendre au balcon.
« Suzanne est en vie ?
— Et comment ! Comment peut-elle résister à ce point aux somnifères ? »
Erol haussa ses sourcils.
« Tu essaies vraiment de la droguer ? Il va falloir perdre cette habitude…
— J’ai tenté, mais rien ne fait effet ! »
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Sileo frappa du poing la commode.
« Mais de quoi est-elle faite ?
— C’est un peu brutal, non ? Qu’est-ce qui te préoccupe tant que ça ? » demanda Erol en voyant son frère faire pour la troisième fois la poussière sur les rebords d’une fenêtre.
L’air vicié de Renaissance laissait en permanence sa marque sur les meubles et les murs. Partout, une fine pellicule jaunâtre se déposait. Si des règles d’hygiène strictes n’étaient pas respectées, elles remplissaient les poumons jusqu’à provoquer l’asphyxie. La mort était lente après des années de complications respiratoires. Bien sûr, les populations les moins aisées étaient les plus sévèrement touchées.
« Écoute, je ne la connais pas cette fille, avoua Sileo. Et mon implant ne me trompe jamais ! Elle cache quelque chose à remuer les ondes comme ça ! Toutes mes barrières sont au rouge ! »
Il est vrai que Sileo possède un don pour flairer les ennuis, pensa Erol. Mais de là à droguer Suzanne…
« Je penche pour qu’on évite de droguer tes invités. Ne crois-tu pas ?
— Oui. Et puis maintenant, il est préférable de la laisser libre de ses mouvements dans l’enceinte de l’établissement. Elle ne pourra pas en sortir et me semble plus occupée à vider ma réserve de viande organique de cafard. »
Son frère voulut poursuivre, mais des pas résonnèrent dans les escaliers. Le sang d’Erol ne fit qu’un tour lorsqu’une femme d’âge mûr et à la peau brune passa le seuil de la porte. C’était Freia, la Fondatrice en charge des affaires extérieures et intérieures. Les renseignements et la police.
Sileo était en train de l’annoncer lorsque l’archéologue lâcha un juron sonore avant de se redresser violemment.
« Ma… Madame », bégaya Erol en inclinant délicatement la tête.
L’étiquette n’était pas son fort, mais Freia n’était pas du genre à s’en préoccuper outre mesure.
« Est-ce donc là votre frère, Sileo ? »
Elle possédait toujours cet accent de Shandaloo. C’était un curieux mélange entre la poésie de l’hindi et la sagacité du japonais. Sa voix était plus grave qu’il ne l’imaginait, mais Erol en comprit la raison.
Son interlocutrice sortit de son sac à main en métal une cigarette au papier rouge. Fumer était un luxe pour la plupart des habitants des Hautes-Terres. Mais au sud où poussait le tabac, c’était un art de vivre. Pour Erol, c’était de la pollution supplémentaire. Mais il aurait tué pour en avoir une ce soir.
Entre les volutes, la voix de Freia rompit de nouveau le silence qui s’était installé :
« Il ne vous ressemble guère. »
Même Sileo peinait à ouvrir la bouche en sa présence.
« Nous avons grandi tous les deux dans les ruelles nauséabondes de notre fière cité, Freia. Ce qui fait de nous bien plus que des frères malgré l’absence de lien de parenté. »
Erol et Sileo ne faisaient jamais part de leurs origines modestes. C’était un pan de leur vie qui resterait à jamais gravée dans leur chair, mais qu’ils préféraient tous deux oublier. Leur amitié était le seul vestige qu’ils souhaitaient garder en mémoire. Ils avaient décidé il y a des années que cela était mieux ainsi.
Le tenancier de l’Antre de Bacchus invita Freia à prendre place dans le deuxième fauteuil en face d’Erol. Puis, il alla chercher une nouvelle bouteille de vin près du lit. Il revint avec et un plateau de champignons secs, la spécialité locale. Erol connaissait ces champignons et jugea préférable de les refuser.
« L’inquisition vous a mené la vie dure à l’Université », reprit Freia qui visiblement n’était pas venu perdre son temps autour d’un apéritif.
Ce n’était pas une question pourtant Erol acquiescé.
Sileo servit trois verres de part égale de vin pétillant puis les distribua à ses deux convives. L’archéologue refusa de nouveau malgré le fait que sa gorge n’ait jamais été aussi sèche. Il toussa.
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Peu après, Freia lui adressa un sourire tendre avant de poursuivre :
« J’ai eu vent de ce qui est arrivé au fils de Greymar. Octave c’est bien ça ? »
Ses yeux en amandes se plissèrent ce qui lui donna un certain charme.
« Une tragédie, oui », commenta Erol.
Il prit finalement son verre et le vida à moitié. Il grimaça lorsque Freia le fixa droit dans les yeux.
« Greymar est à deux doigts de brûler la cité flottante de Carascinthe. J’ai passé le dîner à l’en dissuader, continua-t-elle de nouveau impassible.
— Le repaire de l’Inquisition ? couina Sileo.
— Le père d’Octave est en ville ? » s’enquit Erol avant de froncer des sourcils.
Son cœur se serra. Greymar et ses fils allaient lui scier le visage et il devrait s’en réjouir, car ce serait le plus doux des châtiments que ces guerriers des steppes du nord pouvaient lui infliger. Erol s’était toujours demandé comment il avait pu engendrer un maigrichon d’intellectuel comme Octave.
« Pourquoi l’empêcher de mettre le feu à cette fourmilière ?
— Car la Fondation n’a pas les ressources pour mener cette campagne vengeresse, le corrigea Freia. L’Arche mouille au large de la Francie, ce serait un casse-tête diplomatique dont nous n’avons pas besoin après cette énième révolte des Barons. »
La veine sur sa tempe tambourinait à travers sa peau brune. Freia était en première ligne de cette agitation aux frontières.
« Il devra faire son deuil avec toute la retenue que la situation lui impose. Aussi difficile soit-il. »
Erol déglutit et Freia le rassura aussitôt :
« Il ne te tient pas rigueur. Rien n’aurait pu prédire l’audace de ces fous furieux. »
Puis elle se tourna vers le tenancier qui d’inquiétude, tapotait de ses doigts boudinés le dossier du fauteuil où s’était effondré Erol après cette nouvelle réconfortante.
« Je suis vraiment navrée de m’introduire chez toi à une heure si tardive, Sileo. Mais, comme nous en avons brièvement échangé, j’aimerais poser quelques questions à Erol.
— Je suis à votre disposition », répondit l’archéologue en se redressant.
Sa voix était ferme pour la première fois de la soirée.
« Nous savons que l’Inquisition ne recule devant rien pour assouvir chaque jour un plus son emprise sur les Hautes-Terres. Toutefois, un bon nombre de Fondateurs est convaincu que ce qui s’est passé à l’Université n’est pas le fruit du hasard. »
« Que voulez-vous dire ? demanda Sileo alors qu’Erol restait réservé.
— De ce que j’ai compris, le Juge-Exécuteur cherchait Maître Marian. Contrairement à ce que j’ai pu entendre sur les serviteurs de la Sainte Maev, celui-ci désirait Marian vivant.
— Impossible. Les Juges ne capturent jamais ceux qu’ils considèrent comme hérétiques. Ils les exécutent sur place ! intervint Sileo.
— Et encore plus curieux, les terminaux de l’Université ont été hackés. À plusieurs reprises, enchaîna Freia.
— Savez-vous par qui ? » demanda Erol bien qu’il connût le responsable d’au moins l’un de ces piratages.
La peur d’exposer davantage son expédition sous le Dammastock le tétanisa.
« L’Inquisition pour sûr, trancha la Fondatrice. Les dernières tentatives appartiennent à une nonne aux ajouts plus que sophistiqués. Et ça, c’est une première !
— L’inquisition possède un double visage, avoua Erol. Je ne sais pas pour les Juges-Exécuteurs, mais ce sont les directives de la Sainte Maev. »
L’archéologue leur compta alors le témoignage du Père Flumine et répéta ce que la bibliothécaire lui avait expliqué dans la salle de lecture.
« Pensez-vous que cela soit possible ? » demanda Silo à Freia.
Cette dernière était restée silencieuse pendant tout le récit. Elle reprit après avoir terminé sa cigarette et en allumé une deuxième
« Peut-être. Oui. Certes, répondit-elle. Je vais en avertir les Fondateurs. Bien entendu, il serait bien sûr préférable que vous gardiez ça pour vous. »
Elle tremblait comme si toutes ses craintes venaient de se confirmer.
Elle savait, pensa l’archéologue. Ces intrigants de Fondateurs sont au courant depuis longtemps. Rendre cette nouvelle publique lèverait un vent de panique. Combien d’entre eux profitent de ce conflit avec l’Inquisition ? Il n’y a rien de plus lucratif que la guerre. Sauf quand on la perd.
« Erol, reprit-elle. Que faisiez-vous à l’Université ? Tout porte à croire que le Juge et sa nonne vous attendaient. Plutôt curieux alors qu’ils pouvaient poursuivre Marian, leur objectif premier. »
La dame de glace appréciait sa seconde cigarette. Une petite émanation rose s’en échappa.
L’homme au chapeau se frotta les yeux du bout des doigts. Il avait du mal à formuler ses pensées. Sa réponse vint quand celle-ci expira un doux nuage couleur lilas aux senteurs de jasmin :
« Je revenais du sud. Une expédition… »
Un instant Erol considéra mentionner la jeune femme dans le cercueil de verre. Mais il préféra renoncer pour le moment. Il avait déjà lui-même beaucoup de tort à y croire.
Freia ne le laissa cependant pas en reste. La nouvelle question de son interlocutrice fusa. Elle provenait de derrière un écran de fumée.
« Est-ce cela qui les intéressait ? Que rameniez-vous qui aurait pu concerner Marian ? Des implants excitants ? Des armes ? »
Un voile rosâtre dissimulait de plus en plus ses deux interlocuteurs et commençait à lui faire tourner la tête. Il aurait mis sa main à couper que Freia était en train d’utiliser une quelconque drogue sur lui.
« Et par extension l’Inquisition… » rajouta Sileo.
Erol nia en bloc toute découverte d’importance. Il mit en avant que ces expéditions étaient monnaie courante et qu’il avait rapporté des implants usagés et des données presque illisibles.
Il jura ensuite que dans ces récentes découvertes ramenées à l’Université, rien n’aurait pu intéresser l’Inquisition au point qu’un Juge-Exécuteur fasse le déplacement avec des Paladins.
Mais Freia n’était définitivement pas dupe et appuya sur la corde sensible qu’elle préparait depuis le moment où elle avait commencé son interrogatoire :
« Alors… Octave est donc mort pour des informations inutiles et une caisse d’ajouts usagés ? Disparu pour rien ? »
Erol ravala sa rancœur naissante et fit mine de ne pas prêter plus attention à la remarque de son interlocutrice. Lorsque cette dernière décida de lâcher l’affaire, il mena cette fois-ci la charge après avoir dissipé les ultimes volutes de fumée qui l’entouraient :
« Savez-vous où est Maître Marian ? »
Freia parut étonnée du regain de fierté de l’archéologue. Sileo attendait lui aussi la réponse et toisa leur interlocutrice du regard. Il avait désormais pris place sur la table basse, aux côtés son frère.
« J’ai un oiseau sur ses talons, confia-t-elle en haussant ses épaules. J’en saurai plus demain. Peut-être. Vous souhaitez toujours vous référer à lui ? Pourquoi ? »
Freia ne le laisserait donc pas mener la conversation. Son regard était plus sévère que tout à l’heure. Elle se leva de son fauteuil pour prendre appui sur le muret de la terrasse.
À ce moment, l’un des laquais de Sileo entra dans la pièce et chuchota à son maître. Ce dernier le renvoya et annonça à Erol que Suzanne avait été reconduite à ses appartements comme convenu.
Erol sentait la fatigue le ronger. Sa respiration était saccadée. L’âcre fumée n’avait pas arrangé son état. Après réflexion, il préférait les particules jaunes au poison de la dame de glace.
« La Fondation se meurt, Erol. »
Elle écrasa le mégot de sa cigarette dans le creux de sa main avant de le déposer sur la table.
« La Fondation possède ses défauts et ses propres démons. Mais l’Inquisition ? Allons, Erol… L’obscurantisme. La peur. La ruine. Ce dogme tambourine aux portes de la cité jour après jour. L’Inquisition est un idéal en contradiction totale avec les valeurs du monde que nous essayons de reconstruire. La Sainte Maev et ses Juges-Exécuteurs…
— La Sainte Maev n’est pas l’Inquisition, l’interrompit l’archéologue après avoir pris place à ses côtés. C’est un mal encore plus immense, mais qui ne fait pas l’unanimité au sein de ses rangs. »
Il pensa à ces sections qui menaient leurs fouilles dans le plus grand secret de la confrérie. Le Juge Exécuteur lui-même avait annoncé son désaccord avec l’opération de l’Université.
« La technologie ne lui fait plus peur. Comme nous, elle l’utilise. Elle connaît les pouvoirs qui dorment dans les profondeurs. Et vous le saviez. »
Freia resta de marbre.
« Oui, avoua-t-elle.
— Les offensives se multiplient, n’est-ce pas ? Je n’ai jamais vu autant de soldats dans les rues. Le danger croit désormais aussi de l’intérieur.
— L’Inquisition conquiert de plus en plus de fidèles en effet, confessa Freia.
— À qui la faute ? ironisa Erol beaucoup plus menaçant. Pourquoi ne les attaquez-vous donc pas avant qu’ils ne gagnent en puissance ? »
Freia ne répondit pas tout de suite.
Tous corrompus. Cet état de guerre froide les enrichit ainsi autant ? Mais elle se rend compte qu’ils jouent avec le feu avec des fanatiques. Elle sait qu’il sera bientôt trop tard. Elle est donc bien aux abois. Prête à tout.
« Qui est cette femme ? » trancha-t-elle enfin.
Elle ne masquait plus son accent de Shandaloo. Il avait donc fini par la rendre furieuse.
« Le souci de Maître Marian. Le seul Fondateur en qui j’ai confiance et le seul avec qui je dialoguerai, répliqua l’archéologue au tac au tac.
— Très bien. Il n’y a plus qu’à espérer que le Juge-Exécuteur et sa none ne lui tombe pas dessus avant nous », conclut Freia en parlant de Marian.
La Fondatrice se leva et fit un bref signe de tête à chacun d’eux. Puis, elle quitta aussitôt la pièce.
Erol fut surpris. La victoire avait été plus facile que prévu. Bien trop facile.
« C’est vraiment encore une sale journée ! grogna-t-il quand Freia eut enfin disparu de son champ de vision.
— Ce que tu peux être borné, c’est incroyable ! À ne rien vouloir lui dire. Je ne l’ai jamais vu contenir à ce point sa fureur ! commenta Sileo qui vida sa deuxième bouteille depuis son arrivée. Marian t’a toujours protégé, mais si jamais il ne revient pas…
— Je ne dois rien à cette fasciste, l’interrompit Erol avant que son frère n’intervienne pour le calmer.
— Je crois que nous avons tous compris le fond de la pensée. Mais les Fondateurs ne portent pas tous la même vision que Freia. »
Erol savait ce que son proche essayait de lui expliquer. Il côtoyait les hautes sphères.
« Tu es au fait que tu peux me faire confiance ? demanda Sileo avant qu’Erol ne le prenne dans ses bras.
— Bien sûr, sombre idiot. »
Sauf quand tu drogues tes invités.
« Où as-tu déniché cette perle aux yeux azur ? C’est donc ce que les informations que tu as piraté dans les fichiers de Marian t’ont amené à découvrir ?
— Les documents parlaient d’un complexe sous le Dammastock. Nous sommes tombés sur elle là-bas, au sein d’une espèce de sarcophage de verre. Elle était dedans depuis mille ans, confia Erol.
— Oh ? »
Sileo cligna des yeux. Il ne s’attendait pas à cette réponse.
Qui aurait pu…
« Plutôt bien moulée pour une momie, plaisanta-t-il tout en regardant son reflet sur la bouteille de vin.
— Le Juge avait une nonne avec elle. J’ai peur qu’elle ait percé Suzanne au grand jour…
— Celle avec les implants aux yeux ?
— Encore un mystère. Concernant la fille, je pensais que Marian…
— Freia le retrouvera. J’en suis sûr ! Rien ne peut échapper à ses drones. Ils sont partout de nos jours, reprit Sileo. Que proposes-tu que nous fassions en attendant ?
— Ma mission devait s’arrêter à l’Université. Au lieu de rapporter des babioles, je ramenai la fille. J’avais ma prime et tout allait bien dans le meilleur des mondes. »
Erol frappa du poing sur la table, écrasant les mégots fumants laissés par Freia.
« Ensuite, Marian pouvait en faire ce qu’il voulait : la disséquer ou l’exposer dans son musée… »
Erol marqua une pause, regrettant ses paroles.
« Mais ? »
Sileo le lui avait ôté de sa bouche. Mais ce n’était pas l’heure d’exprimer ses sentiments.
« Je sais que Marian est aussi distant que toi et moi de ces manipulateurs que sont les Fondateurs. Lui absent, je ne pourrai la laisser à la merci de Freia, dit-il finalement. Elle la torturerait pour obtenir la position de caches d’armes, de bases militaires ultrasecrètes ou je ne sais quoi de complètement stupide ! Comme si Suzanne…
Si son identité s’ébruite, l’Inquisition comme la Fondation fonderont sur elle.
— Je comprends. Le temps que le cas de Marian soit statué, elle peut rester confinée ici. Comme tu l’as déjà vu, elle ne manquera de rien. Et promis je ne tenterai plus de la droguer ! »
Dans son fauteuil, Sileo bâilla en contemplant l’horizon. Tout autour, il neigeait ces flocons jaune pâle.
« Je n’imagine pas ce qu’il doit se passer dans son esprit. Tu le conçois, toi ? Perdue au milieu de barbares tels que nous. »
Erol fit non de la tête. Il imaginait la cendre comme les vestiges des hommes et des femmes de l’ancien temps. Octave les avait rejoints désormais.
« Elle pourrait nous apprendre tellement de choses intéressantes... »
Mais avant que Sileo puisse poursuivre, l’un des serviteurs en charge de Suzanne s’appuyait contre le cadre de la porte. Une goutte de sueur perlait au bout de son nez. Il resta un moment la bouche ouverte sans qu’aucun son en sorte.
« Parlez, Adrian ! Avez-vous perdu votre latin ? s’inquiéta le tenancier.
— La dame est partie ! » pleurnicha-t-il dans un patois suisse allemand.
Erol échangea un regard rapide avec son frère. En saisissant sa ceinture et le fourreau de son épée, il prit la direction de la sortie laissant Sileo seul avec son serviteur. Jamais il n’avait couru aussi vite.
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- In Serial19 Chapters
The Primordial
With one goal fueling him, he broke through the final barrier, reaching the apex of power and regaining that which was once lost. Trying to find a new beginning, he reforged himself anew as he awoke to memories of a long forgotten past. Memories that intersected with his new reality. His invincible soul now unchained, surprises await him as he begins his new jouney in an unknown land. I'm just writing this for fun, but i'll never drop it. This won't be something short, as I have the very long term in mind, but I'm a total noob to writing, so I most likely won't release chapters very often, at least until I really get the hang of it. But, the chapters will always be several thousand words long. At the minimum 2k, maximum like 6k... Pretty big variations, sorry. If you like it, great. If you don't, that's understandable. Regardless, if you have a read, I'd appreciate feedback for areas you think I should improve on, whether it's the use of some words or how I should write something or WHATEVER. I'm open to anything, good or bad, because with your help, it'll help make this story better. **DISCLAIMER** So you don't waste your time, I want to let you know what you're getting into, because I like knowing ahead of time before I read something. This might appear like a Xianxia novel, but it's not. It only starts that way. This is a western fantasy world and setting that many of you are familiar with. The beginning chapters might be a bit of an info dump. Some of it might seems superfluous, but a lot of information is relevant to the story. The first few chapters might also seem rushed, but I'll try to keep it exclusive to those. This is a cliche, OP MC story with the typical harem, but other than the quick start, everything else will be gradual. There will be romance, and probably many moments at that, but don't expect anything TOO detailed. If you want something really steamy, look elsewhere. References and throwbacks to stuff most likely. The setting won't be really dark or really light. Middleground, I guess. The MC is far from a young kid, but he won't totally reflect his age. I don't plan on discarding info, abilities or characters that you KNOW should come back and be around. I see it a lot and it sort of bugs me haha... but I could have oversights, I dunno. As I said, I'm a noob. That's it, really. If you're interested, welcome to my world!
8 124 - In Serial30 Chapters
World After Calamity
Two hundred years ago, the Calamity occurred, an event which changed the terrain and climates of the world immensely, shifting continents and regions, developing new religions and altering life itself. The existence of magic and monsters was no longer able to be concealed, and until the Sage came and ended the Calamity, the world lived in chaos. Now, two hundred years later, two primary forces in the globe, united under a single government, oversee all magical and supernatural crime and disruptions, working from the shadows and in the light to ensure the safety of all. Something has upset the delicate balance the Sage created, however, and monsters sightings occur more and more frequently, and the signs of a second Calamity have begun to reveal themselves. At the same time, young superhumans begin training to fight against the forces causing this, to protect the mundane from monsters, and to ensure ancient artifacts are preserved and secured. This is the story of Team Lusvar, a unit of extraordinary superhumans, the world they live in, and the missions they're sent on and trials they face.
8 95 - In Serial33 Chapters
Binary of Life and Death
Monsters, gold, chaos, glory, adventure, what more could attract two of the greatest players of all time to Sugarea, the most popular MMORPG of its time. But everyone makes errors, and unfortunate for these two brilliant players, they have made the grave mistake of not actually sleeping like normal humans and missed out on the very moment the new Dark Legion update would take effect. Or did they? They wake in what seems familiar yet not, but they soon realize their predicament. They are inside their game avatar's bodies! A half-Demon and a Dragonoid are now struggling with more than just power, these two men have to find their new purpose and calling in a completely different world. Will they concur it like ordinary land or will they enlighten the planet into equality? Do figures pull strings in the dark or is everything open to the public eye? Nothing is certain except the unknown, and nothing is ever as it seems... This is an Isekai story, as such, some parts may sound either cliché or similar to others, but I assure you, I tried to prevent that. To make it known, I took quite a lot of inspiration from the light novel/anime Overlord, but that doesn't mean it's a direct rip-off of it. You'll find there to be quite the amount of differences. Just a little heads up as well, you should expect irregular uploads, as it takes me a long time to write each chapter. I am currently trying for once every other week on Sundays around 10:00 A.M. Chapters are usually 7k words and up, with the longest (chapter 3) being 10.3k words. So, if you like to sit down and read a long chapter every two weeks at 10:00 A.M. EST on Sundays, then you can waste your time here! Small disclaimer: Profanity is far and few between, and mostly used by side characters, rarely the main character. When something with gore happens, I describe to the best of my ability, which will only get better the longer I write this... :) Small cuts between perspectives happen, and can hide what some characters do, which will be revealed in future chapters, I'm not that lazy... all the time... There are some parts that are long blocks of text, most, if not all, of them, are characters talking, but I try not to info dump. I know one of the tags says "Psychological", and for the most part, it is, but it's not as prominent as other stories, instead, it's more hidden and scattered, but I did try to make the pieces I did reveal all fit together. Cover art is bound to be changed when I have a good picture to use, so the Yin-Yang is a placeholder for now unless yall wanna gimme something to use *wink wink nudge nudge*. So yeah, please give it a try, as I have nothing better to do with my life, and I am banking solely off of a career in literature and am hoping that I can create a story that can actually be called something more than a child's imagination running wild. The eventual and inevitable end to the story won't be for a long while, at least till chapter 40 or so. I have thought long and hard about the message and themes at play, so I hope you, the reader (who has some amazing hair btw), can enjoy and partake on this adventure with me into my dark empty pit of an imagination.
8 194 - In Serial54 Chapters
GITA: The Hero Conspiracy
The world of Astria is filled with heroes summoned from different worlds. Powerful liches with godlike abilities, giant mechas with eager pilots and neon-samurais fight alongside to defend humanity’s last bastion from the corruption that destroyed the world. However, not all threats lurk outside the walls. Cut-throat politicians, crooked heroes and mysterious third-parties fight in the shadows to gain control over humanity. It was back then that they summoned another set of heroes. However, unbeknownst to anyone, this time they made a mistake. Because one of the heroes they summoned was a demon, a servant of absolute evil… = = = = = This novel was heavily inspired by works such as One Punch Man and JoJo's Bizarre Adventure. If you’re looking for a novel with a unique premise and good story, I recommend you give this a try. = = = = = New chapters every Monday - Wednesday - Friday, with Saturday sometimes. Author's Note: The length of chapters double after Ch. 38. The Official Discord Server: https://discord.gg/2bGcaxHtC7Instagram: https://www.instagram.com/sacrishee.official/
8 166 - In Serial6 Chapters
The Grand Cultivator of Unusual Means Solves a Murder
Feng He finds his world spiraling out of control, and somehow ends up in his favorite novel? And to make things worse, the character he takes over dies! What can he do? I have had a technical error and have lost over 10k words and almost 4 chapters worth of work. I lost everything up to the middle of the chapter I last published. This has broken me to the point of no return and I will be dropping this story. My mind can not overcome this lost. I am sorry for those who enjoyed the story. I will be starting a new story and will be using a different writing program and hopefully will be able to no have this happen again. Thank you for your support. Lan Li BxB Has some gore (COVER IS A PLACE HOLDER WHILE I DO THE ART MYSELF. THE ORIGINAL ARTIST CAN BE FOUND HERE: https://m.weibo.cn/u/1764472957?uid=1764472957&luicode=10000011&lfid=1076035845511408#&gid=1&pid=1 PLEASE SUPPORT THE ORIGINAL ARTIST!)
8 109 - In Serial56 Chapters
The Start of a Unusual Life in an Alternate Reality(Soul-AR. You know like solar)
"You ever wake up and just know that day is gonna be f****d?" Our protaganist is dealing with what we like to call, "Summoned Hero Syndrome", its when someone is kidnapped to an alternate reality/world/plane/or dimension and they start to narrate their life as if its a book. This is a story of his minds auto-biography. A story of action, adventure, intrigue, gore, comedy, videogames, references, and possible sexy fun times. A.N: This is my first story and possibly my only one and it may never become finished. Please excuse any spelling and grammar mistakes. Im doing this on my phone and i hate the small ass keypad. Hope you enjoy readings and even if i may not like it feel free to give your opinions and CONSTRUCTIVE CRITICISMS. I dont care for those who are being assholes that are non-helpful. I only care for the people who are helpfull. So if ur a smartass be so while helping. Also idk if im gonna add a harem. Some stories should have em while others shouldnt cause they cause a huge detraction, hope im using that right, from how good a book can be.
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